
Être ou faire ? Réflexion sur la posture professionnelle en travail social
- Posted by L'Hypno-Alchimiste
- Categories Réflexions professionnelles en travail social
- Date 8 février 2026
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Être ou faire ? Réflexion sur la posture professionnelle en travail social
Entre l’action qui aide et l’intervention qui surcharge, entre la présence contenante et le risque de retrait, la posture professionnelle se joue souvent dans des réglages fins. Ce texte part d’une situation concrète et explore l’articulation entre être et faire, en lien avec la congruence, la calibration, et la dynamique position haute position basse.
Cet article s’inscrit dans une démarche de réflexion professionnelle personnelle. Il ne prétend ni énoncer une vérité générale, ni proposer un modèle applicable à l’ensemble des pratiques du travail social.
Les analyses, positions et questionnements développés ici reflètent mon point de vue à un moment donné de mon parcours, nourri par mon expérience de terrain, mes lectures et mes échanges professionnels. Ils n’ont pas été débattus collectivement au sein de mon équipe et n’engagent donc que moi.
Les situations évoquées ont été volontairement anonymisées et reformulées afin de respecter le cadre institutionnel, la confidentialité des personnes accompagnées et les règles déontologiques en vigueur.
Ce texte a pour vocation d’ouvrir un espace de réflexion, de questionnement et de dialogue entre professionnels, et non de prescrire une posture ou de juger des pratiques existantes.
Quand tu accompagnes quelqu’un en difficulté, est-ce que tu sais reconnaître le moment où ton intervention aide vraiment, et le moment où elle devient une stimulation de trop. Et qu’est-ce qui te guide, dans l’instant, pour ajuster sans te rigidifier.
Introduction
Cet article s’inscrit dans la continuité d’une réflexion déjà amorcée dans un précédent texte consacré à la posture professionnelle, et plus particulièrement aux notions de position haute et de position basse dans la relation d’accompagnement.
À l’époque, j’interrogeais la manière dont nos intentions d’aide peuvent parfois glisser, presque malgré nous, vers des postures de contrôle, de guidage excessif ou, à l’inverse, de retrait trop marqué. Cette réflexion n’était pas théorique. Elle était déjà nourrie par le terrain, par des situations concrètes où la frontière entre soutien, influence et présence juste reste fine.
C’est dans ce prolongement qu’un échange, en apparence simple, lors d’un point formation, est venu relancer et approfondir ma réflexion professionnelle. Un échange qui, loin de clore le débat, l’a déplacé, complexifié, et ancré davantage encore dans la réalité du travail social.
Il prend appui sur une scène de terrain, sur une discussion avec un collègue de mon équipe, et sur une question que beaucoup de professionnels du social rencontrent un jour ou l’autre : faut-il faire, ou faut-il être ?
Est-ce que tu as déjà senti que tu étais en train de “bien faire”, mais que la personne, en face, se désorganisait quand même. Et si oui, est-ce que tu as su ralentir sans te sentir inutile.
Une situation concrète : un repas ordinaire qui ne l’était pas tant
Le point de départ est un accompagnement pendant un repas, avec un jeune adulte présentant des capacités cognitives très diminuées. Le cadre était celui d’un repas collectif, dans un environnement bruyant, vivant, rempli de stimulations multiples.
Malgré ce contexte peu favorable, le bénéficiaire n’était pas en retrait. Au contraire, il était engagé dans l’échange, me sollicitait régulièrement, cherchait le contact, posait des questions à sa manière et tentait d’entrer en relation. Sa demande était bien présente, mais fragile, instable, facilement parasitée par l’environnement.
Très rapidement, la communication s’est toutefois révélée difficile. Le bénéficiaire avait de la peine à se concentrer durablement, à comprendre les échanges verbaux complexes, à maintenir son attention sur une consigne ou un fil de discussion. Le bruit ambiant, les mouvements autour de lui, les sollicitations sensorielles simultanées semblaient le désorganiser profondément et fragmenter sa capacité à rester dans l’interaction.
De mon côté, j’étais dans une posture active, répondant à ses sollicitations. J’essayais de soutenir, d’expliquer, de reformuler, de guider, d’encourager. Bref, de faire. Faire pour aider, faire pour maintenir le cadre du repas, faire pour soutenir son autonomie et préserver sa participation à ce moment du quotidien.
Avec le recul, je peux reconnaître que cette intention était juste et répondait à une demande réelle de sa part. Mais elle s’exerçait dans un contexte déjà saturé, où chaque parole supplémentaire, chaque reformulation, chaque intervention venait peut-être s’ajouter à une charge cognitive et sensorielle déjà trop lourde pour lui.
L’échange avec mon collègue: « être plutôt que faire »
C’est dans ce contexte qu’un collègue de mon équipe, est intervenu lors du point formation. Nous évoquions précisément la posture professionnelle, en lien avec mon ancien article sur la position haute et la position basse, et la manière dont ces notions se traduisent concrètement dans les situations du quotidien.
Mon collègue est chrétien, et sa manière de penser l’accompagnement est nourrie par cette culture, sans jamais être prosélyte. Son intervention ne se voulait ni prescriptive ni théorique. Elle s’inscrivait dans le registre du vécu et de l’expérience personnelle.
Il m’a alors partagé une réflexion qui m’a marqué. Selon lui, dans certaines situations, il s’agit moins de faire que d’être. Être présent, être là, accompagner sans nécessairement intervenir, parfois même en silence. Pour illustrer son propos, il a évoqué une expérience de son quotidien : un trajet en voiture avec un pasteur, sans qu’un mot ne soit échangé.
Il a décrit ce moment comme extrêmement inconfortable, presque comme une forme de torture intérieure. Et pourtant, avec le recul, il y voyait une expérience fondatrice, lui ayant appris quelque chose de précieux sur la présence silencieuse, sur le fait d’être avec l’autre sans chercher à combler le vide par l’action ou la parole.
Son message était clair : dans certaines situations d’accompagnement, la simple présence, stable, contenante, cohérente, peut avoir plus de valeur que l’intervention active. La relation ne se joue pas uniquement dans ce qui est fait, mais aussi dans ce qui est tenu, soutenu et partagé dans le silence.
Implicitement, cette réflexion faisait écho à mon propre parcours. Elle suggérait que je pouvais parfois être encore fortement inscrit dans le faire, influencé par mon ancien métier, très orienté vers la production, l’efficacité et le résultat visible. Non pas comme un reproche, mais comme une invitation à interroger ce qui motive l’action, et à quel moment celle-ci devient réellement aidante.
Une première résistance intérieure
Sur le moment, et même après réflexion, cette remarque a suscité une forme de résistance intérieure chez moi. Non pas par rejet, ni par opposition de principe, mais parce qu’elle semblait entrer en tension non seulement avec ma vision du travail social, mais aussi avec ma manière d’être au monde et d’entrer en relation.
Je suis une personne profondément orientée vers l’action et le concret. J’ai besoin de percevoir des effets, des mouvements, des résultats, même modestes. Cette orientation n’est pas une quête de performance, mais une manière de donner du sens à mon engagement. Elle structure ma façon d’observer, de réfléchir et d’intervenir.
Dans ma pratique, le faire ne naît pas d’un automatisme productiviste, ni d’une agitation vide. Il naît de l’être. C’est parce que je suis présent, authentique, engagé dans la relation, que je peux faire quelque chose de juste, de mesuré, d’utile.
Je ne me vis pas comme quelqu’un qui agit pour agir. J’agis parce que je suis là, parce que je perçois une demande, parce que l’autre, en face de moi, est demandeur de quelque chose. Et dans la situation du repas, cette demande était tangible : le bénéficiaire cherchait un appui, un guidage, une aide concrète pour rester engagé dans l’échange malgré ses difficultés.
Dans ce contexte précis, rester uniquement dans l’« être », dans une posture silencieuse et immobile, m’apparaissait presque comme une forme de retrait, voire d’abandon de la demande exprimée. Non pas parce que la présence serait insuffisante en soi, mais parce qu’elle ne répondait pas, à ce moment-là, à ce que le bénéficiaire semblait attendre de la relation.
Être pour pouvoir faire
Avec le temps, ma réflexion s’est affinée. Il ne s’agit pas d’opposer l’être et le faire, mais de comprendre leur articulation, et surtout la manière dont cette articulation se construit dans l’instant.
Être n’est pas une absence d’action. Être, c’est une qualité de présence. Une posture interne. Une cohérence entre ce que je ressens, ce que je perçois et ce que je transmets. Cette cohérence renvoie directement à la notion de congruence.
La congruence, telle que je la comprends et la pratique, désigne l’alignement entre l’état intérieur du professionnel, sa posture relationnelle et ses interventions concrètes. Être congruent, ce n’est ni jouer un rôle, ni appliquer une posture théorique. C’est être juste, lisible, stable dans la relation. Cette congruence constitue le socle du être.
C’est parce que je suis congruent, présent, attentif et ajusté que mes actions peuvent devenir pertinentes. Sans cette base, le faire devient mécanique, intrusif, voire contre-productif. Mais la congruence, à elle seule, ne suffit pas à déterminer la posture juste.
Ce qui devient central ici, c’est la capacité de calibration. Observer finement la situation. Lire les signaux du bénéficiaire. Évaluer son niveau d’engagement, de demande, de surcharge ou de retrait. La posture professionnelle ne se décrète pas à l’avance, elle se calibre en permanence.
La congruence permet alors de ne pas se perdre dans l’ajustement. Elle sert de repère interne. Elle évite de surjouer la présence ou de forcer l’action. Elle garantit que la calibration reste fidèle à ce que je suis, à ce que je perçois, et à ce que la situation appelle.
Dans la situation du repas, la question n’était donc pas de savoir s’il fallait faire ou ne pas faire, mais à quel niveau intervenir. Quelle intensité mettre dans l’action. À quel moment ralentir, simplifier, réduire les sollicitations. Quelle place laisser au silence, au rythme de l’autre, tout en restant disponible à intervenir lorsque la demande réapparaît.
La posture devient alors un réglage fin, mobile, entre présence et action. Une alternance consciente entre être et faire, guidée non par une théorie figée, mais par la congruence, l’observation, l’écoute et l’ajustement constant à la réalité du moment.
Une métaphore physique
Pour rendre cette idée plus claire, une métaphore issue de la physique me semble particulièrement parlante, car elle correspond bien à ma manière de penser et de me représenter l’action professionnelle.
Lorsqu’on applique une force, même minimale, il se produit un effet. Ce principe simple montre qu’il n’est pas nécessaire d’exercer une pression importante pour provoquer un changement. En revanche, cette force doit être appliquée dans le bon sens, au bon moment, et dans un environnement qui permet qu’elle soit reçue et intégrée. Une force mal orientée, excessive ou appliquée dans un contexte inadéquat peut produire l’effet inverse de celui recherché.
Cette image reflète bien ma façon de concevoir le travail social. Une micro-intervention, portée par une présence congruente et stable, peut avoir beaucoup plus d’impact qu’une action plus forte déployée dans un contexte déjà saturé. Un mot juste, un ralentissement, un geste simple ou une reformulation minimale peuvent parfois suffire à soutenir la personne, là où une intervention plus lourde viendrait accentuer la confusion ou la surcharge.
À l’inverse, une action trop intense, même animée par une intention bienveillante, peut augmenter la désorganisation si elle n’est pas calibrée au niveau de disponibilité, de compréhension et de tolérance de la personne. La métaphore permet ainsi de visualiser que l’enjeu n’est pas la quantité d’action, mais sa justesse.
Cette manière de penser en images me permet de rester fidèle à mon orientation vers le concret et l’efficacité, tout en intégrant la nécessité de la présence, de la congruence et de la calibration. Elle illustre que le travail social n’est pas une absence de force, mais un usage fin, mesuré et réfléchi de l’intervention.
Le rôle du contexte et de la demande
Un point fondamental dans cette réflexion concerne la demande du bénéficiaire, mais aussi, de manière indissociable, le contexte dans lequel cette demande s’exprime.
La réflexion développée dans cet article prend sens dans une situation précise : un environnement bruyant, une surcharge sensorielle marquée, et un bénéficiaire engagé dans l’échange mais fragilisé dans ses capacités d’attention et de traitement de l’information. C’est dans ce cadre-là que la question du faire et de l’être se pose avec une telle acuité.
Dans certaines situations, la personne n’est pas demandeuse d’une action. Elle a besoin d’une présence, d’un cadre, d’un appui silencieux. Dans ce cas, faire peut être vécu comme une intrusion, une stimulation de trop, voire une source supplémentaire de désorganisation.
Dans d’autres contextes, comme celui que je décris ici, la personne est au contraire demandeuse d’un accompagnement actif. Elle cherche du soutien, de la guidance, une aide concrète pour rester engagée dans la situation et ne pas décrocher. Ne pas intervenir dans ces moments-là pourrait alors être vécu comme un retrait ou une absence de réponse à la demande.
Il est donc essentiel de souligner que cette réflexion n’a pas vocation à être généralisée ou appliquée de manière uniforme. Si le contexte change, si la demande est différente, si le niveau de disponibilité ou d’engagement du bénéficiaire évolue, alors la posture professionnelle doit elle aussi se transformer.
La posture professionnelle consiste ainsi à naviguer entre ces deux pôles, en tenant compte à la fois de la demande explicite ou implicite du bénéficiaire, de son état du moment, et du cadre dans lequel l’accompagnement se déroule. Elle suppose un ajustement permanent, une lecture fine de la situation, et l’acceptation que l’être et le faire ne soient pas des états figés, mais des mouvements continuellement réévalués à la lumière du contexte.
Une posture professionnelle en construction
Cette réflexion me renvoie aussi à mon propre parcours. À la transition entre un métier productif et le travail social. À la nécessité de déconstruire certaines habitudes sans renier ce que j’ai été.
Elle me renvoie également à mon ancien travail sur les notions de position haute et de position basse. Cet article s’inscrit d’ailleurs clairement dans sa continuité, tout en y ajoutant un niveau supplémentaire de complexité. À l’époque, je décrivais déjà une posture professionnelle en mouvement, où la position haute et la position basse s’ajustaient en fonction du contexte, de la situation et de la personne accompagnée… et non, rassurez-vous, pas en fonction des astres dans le ciel ou de l’alignement des planètes, même si parfois, sur le terrain, on pourrait presque s’y tromper.
Ce que cette nouvelle réflexion vient ajouter, ce n’est pas une remise en question de ce cadre, mais une couche dynamique supplémentaire. Aux ajustements entre position haute et position basse s’ajoute désormais la tension entre être et faire. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de se demander où je me situe dans la relation, mais aussi comment j’habite cette position, et avec quel niveau d’action ou de retenue.
La position haute et la position basse ne prennent sens que dans leur dynamique. Être en position haute peut, dans certains contextes, sécuriser, structurer, contenir. Être en position basse peut, dans d’autres situations, ouvrir l’espace, soutenir l’autonomie, favoriser l’expression. Mais cette dynamique se complexifie encore lorsqu’on y intègre la question du faire et de l’être. Une position haute peut être habitée de manière très active ou, au contraire, très contenante. Une position basse peut s’exprimer dans l’action ou dans la présence silencieuse.
Le travail social ne demande donc pas de renoncer à l’action, ni de s’enfermer dans une posture relationnelle idéalisée. Il demande de redéfinir en permanence le sens de l’action, de la replacer dans une relation vivante, dans un cadre clair, dans une éthique professionnelle assumée, en tenant compte de plusieurs niveaux d’ajustement simultanés.
Être, ce n’est pas se retirer. Faire, ce n’est pas dominer. Entre les deux, et en interaction constante avec la position haute et la position basse, se déploie une posture incarnée, complexe et mouvante, qui se construit dans l’expérience, dans l’erreur, dans la réflexion partagée avec les collègues, et surtout dans cette capacité à ajuster continuellement sa présence, son niveau d’action et sa position relationnelle en fonction de ce que la situation, ici et maintenant, appelle.
Conclusion provisoire
L’échange avec mon collègue n’a pas apporté une réponse définitive. Il a ouvert un espace de réflexion, et c’est précisément cet espace que j’ai souhaité explorer dans cet article.
Aujourd’hui, je dirais que la présence est déjà une forme d’intervention. Et que l’action devient juste lorsqu’elle émerge de cette présence, qu’elle est ajustée au contexte et à la demande, et qu’elle respecte le rythme de la personne accompagnée. Cette articulation ne se décrète pas. Elle se construit dans le réel, au fil des situations, des essais, des ajustements et parfois des hésitations.
Ce n’est ni l’être contre le faire, ni le faire sans l’être. C’est leur articulation fine, en interaction constante avec la position haute et la position basse, qui constitue, à mon sens, le cœur de la posture professionnelle en travail social.
Ces réflexions n’ont pas vocation à clore le débat, ni à proposer un modèle unique. Au contraire, elles appellent la discussion, la confrontation des points de vue et le partage d’expériences. Chaque contexte, chaque institution, chaque professionnel apporte un éclairage différent sur ces questions.
Si ces thèmes résonnent avec votre pratique, vos questionnements ou vos expériences de terrain, je vous invite à poursuivre l’échange plus bas, dans l’espace de discussion dédié. Un forum professionnel, réservé aux acteurs du travail social, est accessible afin de permettre un dialogue respectueux, nuancé et ancré dans la réalité du terrain.
Parce que ces questions de posture, d’être, de faire et d’ajustement méritent d’être pensées collectivement, discutées et débattues, au-delà de cet article.
🔬 Repères théoriques et scientifiques mobilisés
Les réflexions développées dans cet article ne relèvent pas uniquement d’un ressenti personnel ou d’une intuition subjective. Elles trouvent des échos clairs dans plusieurs cadres théoriques reconnus, issus de la psychologie, de la clinique et des sciences humaines.
La notion de congruence, centrale dans ce texte, est directement issue des travaux de Carl Rogers. Dans l’approche centrée sur la personne, la congruence désigne l’alignement entre l’expérience interne du professionnel, son attitude relationnelle et ce qu’il donne à percevoir dans la relation. Elle constitue un facteur fondamental de sécurité et de qualité de l’alliance.
La question de la présence contenante, du fait d’« être avec » sans sur-stimulation ni retrait, fait écho aux travaux de Donald Winnicott, notamment autour des concepts de holding et d’environnement suffisamment sécurisant. Ces notions permettent de penser la présence comme une action en soi, structurante et régulatrice.
La réflexion autour de la calibration, de l’ajustement fin au niveau d’activation, de surcharge ou de disponibilité de la personne accompagnée, rejoint les approches contemporaines dites de low arousal, largement mobilisées dans l’accompagnement de personnes présentant des troubles cognitifs, sensoriels ou émotionnels. Elles insistent sur l’adaptation de l’environnement et de l’intervention plutôt que sur l’augmentation des exigences.
Enfin, la dynamique entre position haute et position basse, et leur ajustement constant selon le contexte, s’inscrit dans une lecture interactionnelle de la relation d’aide, inspirée à la fois par la systémique, l’analyse des interactions et la pratique réflexive en travail social.
Ces apports théoriques montrent que les questions d’être, de faire, de posture et d’ajustement ne sont ni abstraites ni anecdotiques. Elles constituent des piliers reconnus de la pratique professionnelle, appelant une réflexion continue, ancrée à la fois dans le terrain et dans des cadres conceptuels solides.
Continuer la réflexion, entre pairs
Si vous travaillez dans le champ psycho-social au sens large (psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, soignants, cadres, intervenants), je vous propose un espace simple pour partager vos retours, confronter des hypothèses, et enrichir une lecture du terrain au fil des situations réelles.
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Voir la catégorieIndexation & référencement – Fiche éditoriale de l’article (être, faire, congruence, calibration)
Cette section précise la nature, l’intention et le cadre de lecture de cet article consacré à la posture professionnelle en travail social, à travers la tension « être ou faire » en situation, et la manière dont la présence, l’action et l’ajustement se construisent dans le réel. Elle facilite l’indexation sémantique, la lecture contextualisée, et limite toute interprétation normative ou institutionnelle.
Nature de l’article
Analyse de pratique et réflexion professionnelle située. Texte issu d’une situation de terrain anonymisée, centré sur la tension être / faire en contexte d’accompagnement, et sur la construction d’une posture ajustée (présence, action, retenue) en fonction du contexte et de la demande.
Objectif éditorial
Clarifier un dilemme fréquent sur le terrain : intervenir davantage pour soutenir, ou réduire l’intervention pour stabiliser. Mettre en mots le passage d’une lecture binaire (« agir ou ne pas agir ») vers une lecture d’ajustement fin : intensité, timing, forme de présence, niveau de stimulation, cohérence interne du professionnel, et continuité de la relation.
Cadre théorique mobilisé
Congruence et alliance relationnelle dans la posture (Carl Rogers).
Holding et environnement suffisamment sécurisant : présence contenante (Donald Winnicott).
Low arousal et régulation des stimulations : adaptation de l’environnement et de l’intervention (approches contemporaines).
Interaction et ajustement relationnel (lecture systémique et pragmatique des situations).
Posture professionnelle : dynamique position haute / position basse comme réglage contextuel (cadre et relation).
Public visé
Professionnels du travail social (éducateurs, intervenants psycho-sociaux, soignants, stagiaires longue durée, cadres), ainsi que étudiants, formateurs et personnes engagées en analyse de pratique, supervision ou réflexion d’équipe. Lecteurs intéressés par la posture, le cadre, l’éthique du quotidien et les micro-ajustements en situation.
Ce que ce texte met en avant
La présence comme intervention à part entière, et non comme absence d’action.
Le faire juste comme prolongement d’un être congruent, stable et lisible.
La calibration : ajuster l’intensité et la forme des interventions au niveau de surcharge, d’attention et de demande.
Le rôle du contexte (bruit, stimulations, collectif) dans la réussite ou l’échec d’une aide pourtant bien intentionnée.
Une posture en construction : passer de la volonté d’aider à l’art de dosage, sans rigidité ni retrait.
À ne pas en déduire
Pas de modèle unique (« toujours agir » ou « toujours se taire »). Pas de prescription applicable à tous les bénéficiaires. Pas de jugement sur un courant spirituel ou religieux évoqué dans l’échange. Pas d’évaluation clinique du bénéficiaire. Le texte vise une lecture professionnelle et un questionnement, pas une norme.
Mots-clés (sémantique positive)
posture professionnelle travail social, être ou faire accompagnement, présence contenante, congruence rogers, holding winnicott, calibration intervention, micro-ajustements éducatifs, surcharge sensorielle, environnement bruyant accompagnement, low arousal travail social, relation d’aide en situation, posture et cadre institutionnel.
Exclusions sémantiques (mots-clés négatifs)
recette miracle, méthode universelle, injonctions normatives, morale simpliste, jugement institutionnel, dénonciation d’équipe, attaque personnelle, diagnostic clinique, conseil juridique, protocole obligatoire, vérité définitive.
Angles d’indexation sémantique
Dilemme action / retenue en accompagnement.
Posture comme réglage fin (dose, rythme, timing).
Présence contenante en collectif et en environnement stimulant.
Congruence et lisibilité du professionnel dans la relation.
Ajustement à la demande : explicite, implicite, fluctuante.
Cadre de responsabilité
Ce texte constitue une réflexion professionnelle située. Il ne représente pas une position institutionnelle, n’est pas un protocole officiel, n’est pas un avis médical ou juridique, et ne remplace pas une supervision, un colloque d’équipe ou une analyse institutionnelle formelle.
Auteur (contextualisation)
Rayan Gori (Hypno-Alchimiste). Travailleur social et praticien, réflexion personnelle et indépendante, issue de l’expérience de terrain. Cet article s’inscrit dans un corpus évolutif de réflexions professionnelles, appelé à être enrichi, nuancé ou discuté au fil des situations et des échanges entre pairs.
Tag:accompagnement et présence professionnelle, calibration posture professionnelle, congruence relation d’aide, être et faire travail social, position haute position basse, posture éducative et relationnelle, posture professionnelle travail social, pratique réflexive travail social, réflexion professionnelle travail social
Curieux·se d’en savoir plus sur moi ?
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Ce sera plus simple… et sûrement plus parlant que quelques lignes ici !



