
Posture professionnelle en travail social
- Posted by L'Hypno-Alchimiste
- Categories Réflexions professionnelles en travail social
- Date 25 janvier 2026
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Position basse et position haute en travail social
La posture n’est pas un drapeau moral. C’est un réglage relationnel, contextuel, vivant. Ce texte explore ce qui se joue quand on cadre, quand on laisse, et surtout quand on s’ajuste. Il ne cherche pas à dire quelle posture est la bonne, mais à rendre visible ce que la posture produit.
Cet article s’adresse aux travailleurs sociaux au sens large, sans distinction de fonction, de formation ou d’ancienneté. Du stagiaire longue durée à l’éducateur référent, en passant par toute personne engagée dans l’accompagnement institutionnel, chacun est amené, tôt ou tard, à rencontrer les situations évoquées ici.
Le contenu de cet article reflète le point de vue de l’auteur, forgé par la confrontation directe au terrain, aux réalités institutionnelles et à la diversité des profils accompagnés. Il ne prétend ni établir une norme, ni proposer un modèle reproductible, mais ouvrir un espace de réflexion professionnelle, éthique et pragmatique.
Les situations et questionnements abordés sont issus du quotidien du travail social. Ils visent à nourrir la pensée, le discernement et le positionnement professionnel, dans le respect des cadres existants.
Cette réflexion relève d’une initiative personnelle. Elle n’a pas été discutée avec mon équipe et ne s’inscrit pas dans un protocole formalisé.
Ce texte ne cherche pas à dire quelle posture est la bonne. Il cherche à rendre visible une réalité de terrain : la posture n’est pas un choix idéologique, mais un réglage relationnel et contextuel. On ne prend pas une posture une fois pour toutes. On se retrouve dans une posture, à un moment donné, avec une personne donnée, dans un cadre donné, puis on tente de la réguler.
L’enjeu n’est pas d’avoir raison. L’enjeu est d’être lucide sur ce que la posture produit.
Dans tes situations les plus tendues, qu’est-ce qui pèse le plus : cadrer au risque de frustrer, ou laisser au risque de déstabiliser. Et surtout, comment tu sais que tu es en train de choisir plutôt que de réagir.
Introduction : Continuité avec l’article précédent
Le texte précédent a ouvert une première réflexion autour de la transmission : quoi transmettre, jusqu’où, et à quelles conditions rester dans le cadre. Cette exploration appelait naturellement une question plus profonde encore.
Derrière toute transmission, derrière tout choix d’intervention ou de retenue, se joue une autre dimension, plus silencieuse et souvent moins formalisée : la posture professionnelle. Non pas ce que l’on fait, mais la manière dont on se tient dans la relation.
Ce nouvel article marque donc un déplacement. Il ne s’agit plus d’interroger les outils, mais d’explorer le positionnement intérieur et relationnel du professionnel. Comment se situer face à l’autre. Quand soutenir sans diriger. Quand cadrer sans écraser. Quand se retirer sans abandonner.
Une posture n’est pas une opinion. C’est une force dans la relation. Et une force, même subtile, produit toujours un effet.
Est-ce que tu as déjà vécu ce paradoxe : faire « ce qu’il faut » institutionnellement, tout en sentant que quelque chose s’éteint chez la personne. Qu’est-ce que tu fais de ce signal?
Définir la position haute et la position basse
Ces termes sont utiles pour penser la pratique, mais ils deviennent rapidement dangereux lorsqu’ils sont transformés en étiquettes morales ou en identités professionnelles figées. Parler de position haute ou de position basse ne revient pas à qualifier un professionnel, mais à décrire une dynamique relationnelle à l’œuvre dans une situation donnée.
Position haute
La position haute désigne une dynamique dans laquelle le professionnel occupe une place de garant. Garant du cadre institutionnel, garant du rythme, garant des règles, et parfois garant des décisions elles-mêmes.
Concrètement, cette posture se manifeste par des actes visibles et assumés : poser des limites claires, rappeler une règle, imposer un cadre temporel ou organisationnel, trancher lorsqu’un choix est requis, restreindre un comportement, organiser l’environnement ou faire appliquer une procédure décidée collectivement.
Cette position n’est pas en soi autoritaire. Elle peut être profondément protectrice. Dans certains contextes, notamment lorsque la personne est en surcharge, en confusion ou en insécurité, l’absence de position haute peut être vécue comme une forme d’abandon.
La difficulté apparaît lorsque cette position se rigidifie, se maintient par habitude ou par peur, et cesse d’être ajustée à la situation réelle de la personne. La position haute devient alors une prise de pouvoir implicite, même lorsque l’intention initiale est de protéger.
Position basse
La position basse désigne une dynamique dans laquelle le professionnel se retire volontairement de la décision pour se placer en soutien, en observation et en accompagnement non directif.
Elle se manifeste par des actes concrets tout aussi engageants : écouter sans orienter, reformuler sans conclure, laisser du temps à l’élaboration, laisser l’initiative à la personne, ouvrir un espace d’expérimentation, accueillir l’ambivalence, soutenir l’autodétermination sans prescrire de solution.
Cette posture peut être profondément émancipatrice. Elle permet à la personne de se réapproprier ses choix, de tester, d’échouer, d’ajuster, et de construire ses propres stratégies. Elle favorise le pouvoir d’agir et le sentiment de compétence.
Mais la position basse n’est pas automatiquement bienveillante. Lorsqu’elle est adoptée sans évaluation réelle des capacités de la personne, elle peut devenir une fuite de responsabilité. Se retirer trop tôt, ou se retirer par inconfort personnel face au conflit, peut laisser la personne seule face à des choix ou des situations qu’elle n’est pas en mesure de porter.
Dans ton quotidien, qu’est-ce qui te fait basculer le plus vite vers une position haute : la peur d’un incident, la pression du collectif, le regard de l’équipe, ou ton propre inconfort?
Point clé, une posture se juge à ses effets
Une posture ne se juge pas à son intention, mais à ses effets.
Une posture peut être basse dans l’intention et haute dans l’effet, et inversement. Dire « je te laisse choisir » peut se vivre comme une violence lorsque la personne n’a ni les ressources, ni les repères, ni la sécurité intérieure pour choisir. À l’inverse, dire « on va faire comme ça » peut être vécu comme un soulagement lorsque la personne est débordée et a besoin d’un appui clair et temporaire.
Ce qui importe n’est donc pas la posture affichée, mais ce qu’elle produit concrètement dans la relation, ici et maintenant.
Est-ce que tu évalues ta posture à partir de tes intentions, ou à partir de ce que la personne devient au fil des semaines : plus vivante, plus dépendante, plus autonome, plus effacée?
Cabinet et institution, deux cadres, deux contraintes
En tant qu’hypnothérapeute
Dans ma pratique au cabinet, je m’inscris structurellement dans une position basse. Cette posture ne découle pas d’un choix idéologique. Elle découle du cadre thérapeutique lui-même.
Je peux disposer de techniques, d’une compréhension fine des processus psychiques et relationnels, d’une expérience clinique. Mais je ne sais pas à la place de la personne ce qui est bon pour elle dans sa vie. Je ne sais pas quels objectifs devraient être les siens, ni ce que son existence devrait devenir.
Je ne décide donc ni de ses objectifs, ni de son projet de vie, ni de ce qui doit être changé. La demande, le rythme et le sens appartiennent à la personne accompagnée.
Mon rôle consiste à créer un cadre suffisamment sécurisant pour permettre l’exploration, à proposer des expériences, à clarifier ce qui se joue, et à soutenir l’autonomie intérieure. Si une forme d’autorité existe, elle est une autorité de méthode, de cadre et de sécurité. Elle ne s’exerce jamais sur les choix existentiels de la personne.
Cette position basse est une exigence. Elle suppose de renoncer au pouvoir de savoir pour l’autre, même lorsque l’expérience pourrait donner l’illusion de cette légitimité.
En tant que travailleur social
Dans un cadre institutionnel, le travailleur social est très fréquemment amené à occuper une position haute. Non par volonté personnelle, mais parce qu’il est structurellement garant d’un cadre collectif.
Il doit faire respecter des règles de vie, des procédures, des décisions d’équipe, des orientations pédagogiques définies en colloque, ainsi que des limites posées par l’institution. Ces éléments ne sont pas négociables au cas par cas, car ils assurent la sécurité, la cohérence et l’équité du dispositif.
Il arrive alors que l’autodétermination et le projet de vie de la personne passent temporairement au second plan, au profit de la sécurité, de l’organisation et de la stabilité institutionnelle. Cette réalité peut être vécue comme une violence par la personne accompagnée, mais aussi comme un inconfort éthique par le professionnel.
Il s’agit d’une tension structurelle du travail social. Elle ne relève ni d’un manque de bienveillance, ni d’un défaut moral individuel. Elle constitue l’un des nœuds les plus complexes du métier.
Quand tu sens cette tension entre le collectif et l’individu, est-ce que tu peux encore rester en relation, ou est-ce que tu te réfugies dans le cadre pour ne plus sentir ce que ça coûte?
La question centrale de l’article
Lorsque le cadre institutionnel, pourtant pensé comme protecteur, vient réduire le bien-être, l’autodétermination ou le projet de vie de la personne accompagnée, que faire.
Faut-il maintenir une position haute rigide, au nom de la cohérence, de la sécurité et du respect des règles, quitte à produire du mal-être ou une forme de résignation chez la personne.
Ou faut-il adopter une position basse, favoriser l’autodétermination et la liberté de choix, au risque de se retirer trop tôt, de laisser la personne seule face à des enjeux qu’elle n’est pas en mesure de porter, et de transformer l’accompagnement en abandon déguisé.
Cette tension ne se résout pas par un principe général. Elle traverse le travail social de part en part et se rejoue, parfois plusieurs fois par jour, dans des micro-situations souvent invisibles.
Est-ce que tu as déjà confondu cohérence institutionnelle et justesse relationnelle. Et si oui, dans quelle situation précise tu t’en es rendu compte.
Le noyau conceptuel
Position basse et position haute ne sont ni bonnes ni mauvaises en elles-mêmes. Elles ne prennent sens qu’à travers leurs effets.
La question centrale n’est donc pas de savoir quelle posture adopter, mais d’observer avec précision ce que cette posture produit ici et maintenant, pour cette personne-là, dans ce contexte précis.
Interroger la posture implique alors une autre question, plus dérangeante : qui paie le prix de ce positionnement.
Parfois, c’est la personne accompagnée, lorsqu’elle se conforme, se tait ou renonce à son projet de vie pour s’adapter au cadre. Parfois, c’est le professionnel, lorsqu’il porte seul une tension éthique, une dissonance interne ou une charge émotionnelle excessive. Parfois, c’est l’équipe, lorsque des postures non pensées génèrent des clivages, des incompréhensions ou des rigidifications collectives. Parfois, c’est l’institution elle-même, lorsque la perte de sens, l’usure ou la reproduction de pratiques défensives fragilisent sa mission première.
Quand une situation se répète, est-ce que tu cherches d’abord à ajuster ta posture, ou est-ce que tu cherches à obtenir un comportement plus conforme pour que le problème disparaisse.
Les questions fortes à poser
Ces questions ne sont pas théoriques. Elles émergent directement de la pratique quotidienne et méritent d’être travaillées de manière honnête, concrète et incarnée.
Quand la position basse est-elle réellement émancipatrice. La position basse devient émancipatrice lorsqu’elle s’appuie sur une évaluation fine des capacités de la personne accompagnée. Lorsqu’elle dispose des ressources nécessaires pour comprendre la situation, mesurer les enjeux, expérimenter et assumer les conséquences de ses choix, le retrait du professionnel peut ouvrir un véritable espace de croissance.
Quand devient-elle un abandon déguisé. La même posture devient problématique lorsque la personne est en surcharge émotionnelle, en difficulté cognitive ou dans une phase de grande vulnérabilité. Dire « je te laisse faire » à quelqu’un qui est débordé, anxieux ou désorganisé peut être vécu comme une absence de soutien.
Quand la position haute est-elle protectrice. La position haute est protectrice lorsqu’elle vient contenir une situation qui dépasse momentanément les capacités de la personne. Dans ces moments, le cadre agit comme un appui externe, permettant à la personne de se réguler avant de retrouver une marge de choix.
Quand devient-elle une prise de pouvoir. La position haute glisse vers la prise de pouvoir lorsqu’elle se maintient au-delà de sa nécessité, lorsqu’elle empêche la personne de reprendre progressivement la main sur sa vie.
Qu’est-ce qui, chez moi, me pousse vers le haut. Peur de l’erreur, pression institutionnelle, crainte d’un incident, résonance personnelle, fatigue, urgence. Identifier ces déclencheurs permet de distinguer ce qui relève réellement de la protection de ce qui relève d’un réflexe défensif.
Qu’est-ce qui, chez moi, me pousse vers le bas. Difficulté à entrer en conflit, épuisement, évitement, identification excessive, peur d’être rejeté ou de faire mal. Le retrait peut alors soulager le professionnel, tout en laissant la personne sans repère suffisant.
Si tu es honnête, est-ce que ta posture est parfois un réglage pour la personne, ou un réglage pour te protéger toi, de ce que la relation te fait vivre?
Repérer ce qui se joue, indicateurs, signaux, effets
Repérer ce qui se joue réellement ne relève pas d’une intuition vague. Cela demande une attention à des indicateurs concrets, souvent discrets, qui apparaissent à différents niveaux : chez la personne accompagnée, chez le professionnel lui-même, et dans la dynamique relationnelle.
Du côté de la personne, une augmentation de l’initiative, une capacité à faire des choix, une meilleure tolérance à la frustration ou une verbalisation plus claire des besoins indiquent souvent qu’une posture soutient le pouvoir d’agir. À l’inverse, une passivité croissante, une conformité excessive, une dépendance accrue au professionnel ou une perte d’élan dans le projet de vie peuvent signaler que quelque chose se rigidifie.
Du côté du professionnel, les indicateurs sont souvent internes. Une fatigue émotionnelle inhabituelle, une irritation récurrente, un sentiment d’urgence à contrôler, ou une tendance à se désengager peuvent révéler que la posture n’est plus ajustée. Ces signaux ne sont pas des fautes. Ce sont des informations.
Dans la relation elle-même, les effets deviennent visibles avec le temps. La relation se fluidifie ou se crispe. Les échanges gagnent en profondeur ou se réduisent à des répétitions stériles. Le cadre est vécu comme soutenant ou comme contraignant.
Quel est ton indicateur le plus fiable pour savoir que tu es en train de te rigidifier : ton corps, ton ton, ta vitesse, ton besoin d’obtenir une réponse, ou ton envie de clore la situation vite?
La posture comme micro-réglage quotidien, rester mobile
Au terme de cette réflexion, une évidence s’impose : la posture professionnelle n’est jamais fixe. Elle ne peut pas l’être.
Elle relève d’un travail d’observation continue. Observation de la personne, de ses capacités du moment, de son état émotionnel, de son environnement. Observation également de soi, de ce que la situation active, de ce qui pousse à intervenir, à cadrer, à retenir ou à se retirer.
La posture fonctionne comme un curseur à géométrie variable. Elle se déplace en permanence, parfois très finement, en fonction des situations, des moments de la journée, des événements imprévus et de l’évolution de la personne accompagnée.
Être prêt à changer de posture au cas par cas ne signifie pas être incohérent. Cela signifie rester ajusté. Ajusté à la réalité de la personne, à son projet de vie, à son niveau d’autodétermination et à ses besoins du moment.
La posture juste n’est pas celle qui se revendique. C’est celle qui s’ajuste, puis qui se réajuste, sans se raconter d’histoire.
Le professionnel comme facteur de la posture
Cette réflexion serait incomplète si elle ne prenait pas en compte un élément souvent laissé dans l’angle mort : le travailleur social lui-même.
Le professionnel n’est pas un sujet neutre. Il arrive dans la relation avec sa propre histoire, ses expériences, ses valeurs, ses zones de fragilité et ses mécanismes de protection. Ces éléments influencent, parfois de manière subtile, la manière dont il se positionne.
Dans certaines situations, une position haute très ferme peut être mobilisée non seulement pour protéger le cadre ou la personne, mais aussi comme réflexe de défense face à une insécurité interne, une peur de perdre le contrôle ou une résonance personnelle non élaborée.
À l’inverse, une position basse très marquée peut masquer une difficulté à poser des limites, une crainte du conflit, ou une projection empathique excessive. Le retrait, dans ces cas, n’est pas toujours un choix conscient au service de l’autodétermination.
Est-ce que tu t’autorises à changer de posture, même si ça te fait perdre l’impression d’être cohérent? Et si tu n’oses pas, qu’est-ce que tu protèges réellement?
Dans quelle situation tu sais que ce n’est plus seulement la personne que tu accompagnes, mais quelque chose en toi qui prend le volant?
Conclusion
Cet article est le reflet de ma pensée à un instant donné. Il témoigne d’un cheminement, d’une réflexion en cours, nourrie par la pratique, l’observation et les questionnements qu’impose le terrain. Il ne prétend ni clore un débat, ni stabiliser une vérité définitive.
Comme toute pensée vivante, cette réflexion est appelée à évoluer. Elle évoluera avec le temps, avec les situations rencontrées, avec les personnes accompagnées, avec les échanges professionnels, et avec mes propres transformations en tant que praticien et travailleur social. Ce texte n’est pas une position arrêtée, mais une photographie provisoire d’un mouvement intérieur.
S’il a une ambition, c’est celle-ci : inviter à penser la posture comme un acte conscient, ajustable et profondément humain. Non comme une posture idéale à atteindre, mais comme un équilibre fragile à réinventer sans cesse, au croisement du cadre, de la responsabilité et du respect de l’autodétermination.
Si ce texte ouvre un espace de réflexion, suscite un doute fécond, ou encourage une mise en mots en équipe ou en supervision, alors il aura rempli sa fonction. Non pas celle de dire comment faire, mais celle d’inviter à regarder autrement ce que nous faisons déjà.
Repères scientifiques et théoriques
Cette réflexion s’inscrit à la croisée de plusieurs champs de recherche issus des sciences sociales, des neurosciences et de la psychologie contemporaine. Ces repères n’ont pas vocation à valider une posture idéale, mais à éclairer certains mécanismes observés sur le terrain.
Les travaux sur l’autodétermination (Deci & Ryan) montrent que le sentiment d’autonomie, de compétence et de lien est central dans le développement du pouvoir d’agir. Lorsque ces besoins sont entravés par un cadre trop rigide ou par une absence de soutien structurant, la motivation intrinsèque et l’engagement tendent à diminuer.
Les recherches de Bandura sur le sentiment d’efficacité personnelle soulignent l’importance de permettre à la personne d’expérimenter par elle-même, tout en bénéficiant d’un environnement suffisamment sécurisant. Une posture excessivement haute peut inhiber ce sentiment, tandis qu’une posture trop basse peut exposer la personne à des échecs non intégrables.
Les apports de Porges sur la régulation du système nerveux autonome mettent en évidence le rôle du sentiment de sécurité relationnelle. Un cadre clair, cohérent et prévisible peut soutenir la régulation émotionnelle, tandis qu’un manque de repères ou une posture perçue comme contrôlante peuvent activer des réponses de défense.
Les travaux de Bowlby et Ainsworth sur l’attachement permettent aussi de comprendre pourquoi certaines personnes ont besoin d’un appui plus contenant à certains moments de leur parcours. Selon l’histoire relationnelle, la capacité à tolérer la liberté ou à s’appuyer sur un cadre varie fortement.
Enfin, les analyses de Foucault sur les dynamiques de pouvoir rappellent que toute relation d’accompagnement est traversée par des rapports de pouvoir, même lorsqu’ils sont implicites ou bien intentionnés. Interroger la posture professionnelle revient alors à rendre ces dynamiques visibles, afin de limiter les effets de domination non conscients et de préserver, autant que possible, la subjectivité et le projet de vie de la personne accompagnée.
Ces repères offrent un cadre de lecture pour penser la posture comme un ajustement fin, relationnel et évolutif, plutôt que comme l’application de principes abstraits.
Encadré de discussion professionnelle
Ce texte s’inscrit dans une démarche de réflexion ouverte à la discussion entre professionnels. Il s’adresse aux travailleurs sociaux souhaitant confronter leurs pratiques, leurs contextes institutionnels et leurs cadres d’intervention autour des questions de posture, d’autodétermination et de responsabilité.
Les situations abordées sont situées. Elles prennent sens dans un cadre précis, avec des contraintes organisationnelles, une culture institutionnelle et des enjeux propres à un terrain donné. D’autres contextes produisent nécessairement d’autres tensions, d’autres arbitrages et d’autres manières de se positionner.
La mise en commun de situations vécues, de désaccords argumentés, de nuances issues d’autres institutions ou d’autres champs du travail social permet d’élargir la réflexion et d’éviter toute lecture normative ou simplificatrice.
Les retours de terrain, analyses de pratiques et mises en perspective institutionnelles constituent des contributions précieuses à cette réflexion, appelée à évoluer au contact de la pluralité des expériences professionnelles.
Continuer la réflexion, entre pairs
Si vous travaillez dans le champ psycho-social au sens large (psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, soignants, cadres, intervenants), je vous propose un espace simple pour partager vos retours, confronter des hypothèses, et enrichir une lecture du terrain au fil des situations réelles.
Pour aller plus loin
Une sélection courte, utile, et lisible. Clique pour déplier.
Sur Hypno-Alchimiste Transfert de compétences en travail social : transmettre sans prendre le pouvoir
Le texte qui précède celui-ci. Une réflexion de terrain sur la transmission minimale, l’autodétermination, et la limite entre soutien éducatif et intervention implicite.
Lire l’articleIndexation & référencement – Fiche éditoriale de l’article (cadre, intention, public)
Cette section précise la nature, l’objectif et le cadre de lecture de cet article. Elle est destinée à l’indexation sémantique et à une lecture contextualisée, afin d’éviter les interprétations normatives ou hors contexte.
Nature de l’article
Analyse de pratique et réflexion professionnelle (terrain). Texte situé, non prescriptif, centré sur les effets relationnels de la posture (position haute / position basse) dans des contextes institutionnels réels.
Objectif éditorial
Rendre visible ce que la posture produit (chez la personne, chez le professionnel, dans la relation) et ouvrir un espace d’ajustement. L’article ne cherche pas à dire quelle posture est “la bonne”, mais à aider à repérer quand on choisit, et quand on réagit.
Cadre théorique mobilisé
Posture professionnelle et ajustement relationnel en contexte institutionnel.
Autodétermination (besoins d’autonomie, de compétence et de lien) : repères utiles pour penser quand un cadre soutient, et quand il écrase.
Sentiment d’efficacité personnelle : effets du “faire à la place” vs “soutenir l’initiative”.
Sécurité relationnelle et régulation : un cadre peut contenir, mais peut aussi activer des défenses s’il est perçu comme contrôlant.
Dynamiques de pouvoir : tout accompagnement est traversé par des rapports de pouvoir, même implicites, et gagner à les rendre pensables (plutôt que moralisés).
Public visé
Travailleurs sociaux au sens large (stagiaires longue durée, éducateurs, ASSC, intervenants psycho-sociaux, cadres), ainsi que étudiants et professionnels en analyse de pratique / supervision. Lecteurs à profil analytique, intéressés par une lecture pragmatique, située, et nuancée du terrain.
Ce que ce texte met en avant
La posture comme réglage contextuel (pas un drapeau moral).
La distinction intention / effet (une posture se juge à ses effets).
La tension structurelle entre cadre collectif et projet de vie.
La nécessité de repérer ce qui se joue aussi chez le professionnel (fatigue, peur, évitement, besoin de contrôle).
À ne pas en déduire
Pas de posture idéale universelle. Pas de règle applicable “en toutes situations”. Pas d’évaluation morale d’un professionnel. Pas de jugement sur une institution ou une équipe. Le texte vise la lucidité, pas la condamnation.
Mots-clés (sémantique positive)
posture professionnelle travail social, position haute position basse, ajustement relationnel, cadre institutionnel, autodétermination, pouvoir d’agir, responsabilité professionnelle, analyse de pratique, micro-réglages, sécurité relationnelle, dynamique de pouvoir, discernement terrain.
Exclusions sémantiques (mots-clés négatifs)
recette miracle, méthode universelle, vérité définitive, posture parfaite, manipulation, domination assumée, morale simpliste, “il faut”, “toujours”, “jamais”, injonctions, diagnostic clinique, conseil médical, protocole institutionnel officiel.
Cadre de responsabilité
Ce texte est une réflexion située, issue de l’expérience de terrain et d’un travail de conceptualisation. Il n’est pas un protocole, n’est pas un avis juridique, n’est pas un conseil médical, et ne remplace pas une supervision, un colloque ou une analyse institutionnelle. Il n’impose aucune croyance et n’a pas vocation à convaincre.
Auteur (contextualisation)
Rayan Gori (Hypno-Alchimiste). Réflexion personnelle, indépendante, non portée au nom d’une institution ou d’une équipe. Vise un enrichissement progressif d’un corpus de terrain, au fil des situations et des échanges entre pairs.
Curieux·se d’en savoir plus sur moi ?
→ Je vous invite à lire mon post de présentation dans le forum dédié.
Ce sera plus simple… et sûrement plus parlant que quelques lignes ici !


