
Transfert de compétences en travail social : transmettre sans prendre le pouvoir
- Posted by L'Hypno-Alchimiste
- Categories Réflexions professionnelles en travail social
- Date 24 janvier 2026
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Le principe du demi outil : transmettre sans intervenir, et rester dans le cadre
Il existe une zone de friction que tous les professionnels du social croisent tôt ou tard. Entre ce que le cadre autorise, et ce que l'humain appelle. Cet article documente une situation issue de ma pratique quotidienne, qui a fait émerger une question simple et exigeante : est-il possible de transmettre une compétence de manière transversale, partielle et expérientielle, sans entrer dans une pratique thérapeutique, et sans chercher à contrôler le résultat ? Ce texte ne propose ni norme, ni modèle. Il ouvre un espace de réflexion professionnelle à partir d'une expérience singulière, dans l'intention de la confronter progressivement à d'autres situations de terrain.
Cet article s’adresse aux travailleurs sociaux au sens large, sans distinction de fonction, de formation ou d’ancienneté. Du stagiaire longue durée à l’éducateur référent, en passant par toute personne engagée dans l’accompagnement institutionnel, chacun est amené, tôt ou tard, à rencontrer les situations évoquées ici.
Le contenu de cet article reflète le point de vue de l’auteur, forgé par la confrontation directe au terrain, aux réalités institutionnelles, et à la diversité des profils accompagnés. Il ne prétend ni établir une norme, ni proposer un modèle reproductible, mais ouvrir un espace de réflexion professionnelle, éthique et pragmatique.
Les situations décrites sont issues du quotidien du travail social et visent à nourrir la pensée, le discernement et le positionnement professionnel, dans le respect des cadres existants.
Cette réflexion n'a pas été discutée avec mon équipe. Elle relève d'une initiative personnelle, menée dans le cadre de ma pratique quotidienne, sans protocole formalisé. Ce texte documente une première observation, dans l'intention de construire progressivement un corpus plus large.
Il s'agit d'une hypothèse de travail en construction, issue d'une première observation de terrain. Le cas présenté ici est unique et ne permet aucune généralisation. D'autres situations sont en cours d'observation pour confronter cette intuition initiale à des contextes différents. Ce texte sera enrichi, nuancé, voire infirmé au fil des observations futures.
Il existe, dans la pratique du travail social, un espace rarement nommé, mais constamment traversé. Un espace de tension entre le cadre et l’humain, entre ce que l’institution autorise et ce que la réalité appelle, entre ce que l’on sait faire et ce que l’on a le droit de faire.
Cet article naît de cette zone de friction.
Sur le terrain, les travailleurs sociaux sont quotidiennement confrontés à des situations complexes, singulières, parfois imprévisibles. Ils développent, avec l’expérience, une finesse d’observation, une intelligence relationnelle et une capacité d’adaptation qui dépassent largement les fiches de poste. Beaucoup acquièrent, au fil de leur parcours, des compétences issues d’autres champs, qu’il s’agisse de communication, de régulation émotionnelle, d’approches corporelles ou d’outils liés aux états internes.
Le problème n’est pas l’existence de ces compétences. Le problème est leur place. Dans un cadre institutionnel strict, normé, légitimement protecteur, ces outils ne peuvent pas toujours être mobilisés de manière formelle. Et pourtant, les besoins des personnes accompagnées, eux, ne disparaissent pas. Ils se manifestent dans le quotidien, dans l’urgence, dans le corps, dans l’émotion, dans la relation.
Dans ta pratique, à quel endroit sens-tu le plus souvent cette friction : quand tu dois protéger le cadre, ou quand tu vois un besoin humain qui demande autre chose que la procédure ?
Une posture claire et non négociable
Je suis hypnothérapeute. C’est mon champ de compétence premier. Celui dans lequel je me suis formé en profondeur, avec exigence, rigueur et responsabilité. Mon rapport aux états internes, à la régulation émotionnelle, aux processus de changement et à la sécurité psychique s’est construit d’abord dans ce cadre thérapeutique.
Je suis également travailleur social. Et cette articulation n’est ni anodine, ni secondaire. Elle est venue ensuite, par choix, par engagement, et par confrontation directe à la réalité institutionnelle et humaine du terrain.
Car je n’ai pas découvert les outils de l’esprit en travaillant dans le social. Je les ai apportés avec moi, déjà structurés, déjà intégrés, déjà éprouvés. Le travail social est venu ensuite poser un cadre, des limites, une éthique spécifique, et surtout une responsabilité supplémentaire.
Dans le cadre institutionnel, je ne pratique pas d’hypnose formelle. Je me suis engagé, envers moi-même, envers ma direction et envers l’institution, à ne jamais proposer de séances thérapeutiques aux personnes que j’accompagne dans ce cadre. J’ai également fait le choix clair de ne pas suivre en consultation privée des personnes que j’accompagne ou que je pourrais potentiellement accompagner dans un contexte institutionnel.
Ce positionnement n’est pas une contrainte subie. Il est le fruit d’une conscience aiguë des enjeux de pouvoir, de transfert, de dépendance et de confusion des rôles. Il est éthique. Il est protecteur. Il est non négociable.
Quand tu sais précisément ce que tu pourrais faire, et que tu choisis délibérément de ne pas le faire, tu ne supprimes pas la question. Tu la rends plus exigeante.
Est-ce que tu confonds parfois abstention et impuissance. Et si oui, dans quelles situations ce glissement arrive le plus vite chez toi ?
Le principe du demi outil, hypothèse audacieuse de départ
L’hypothèse de départ peut sembler déroutante, voire inconfortable pour certains cadres de pensée professionnels. Elle repose pourtant sur une intuition simple, issue à la fois de la pratique thérapeutique, des sciences cognitives et de l’observation fine du terrain social.
Plutôt que de transmettre une technique complète, structurée, guidée, sécurisée par un cadre thérapeutique explicite, il serait possible de transmettre volontairement une forme incomplète, ouverte et non directive d’un outil. Ce que je nomme ici un demi outil.
Le demi outil n’est pas une version appauvrie. Il n’est pas le résultat d’un manque de compétence ou d’une prudence excessive. Il est, au contraire, le fruit d’un choix délibéré.
Le demi outil agit comme une graine. Il ne contient pas la plante entière. Il contient les conditions de son émergence.
Cette approche repose sur trois piliers fondamentaux.
Le premier est la sécurité. En s’éloignant volontairement de protocoles complexes, d’inductions formelles ou de guidages précis, on réduit considérablement les risques de débordement émotionnel ou de confusion entre accompagnement éducatif et intervention thérapeutique.
Le second pilier est l’autodétermination. La personne n’est pas conduite vers un état interne spécifique. Aucun objectif émotionnel n’est imposé. Aucun contenu sensible n’est exploré. Elle entre simplement en contact avec une expérience accessible, souvent corporelle, qu’elle peut utiliser, transformer ou abandonner librement.
Le troisième pilier est l’expérience directe. L’intégration durable ne passe pas seulement par l’accumulation d’informations, mais par l’expérience vécue et répétée. Le demi outil ne cherche pas à convaincre, ni à expliquer. Il propose une expérience minimale, suffisamment claire pour être vécue, suffisamment ouverte pour être investie.
Est-ce que tu supportes de transmettre quelque chose sans maîtriser ce que la personne en fera. Ou est-ce que, au fond, tu as besoin de vérifier, corriger, sécuriser, valider, pour te sentir légitime ?
Une pédagogie par l’expérience
Cette approche s’inscrit dans une pédagogie que je considère comme profondément respectueuse de l’essence même du travail social. Elle part d’un renversement discret mais décisif. Il ne s’agit plus de transmettre un savoir descendant, figé, normatif, mais de proposer une base vivante. Une structure minimale. Une invitation. Une porte entrouverte vers quelque chose que la personne pourra explorer à sa manière.
Dans cette pédagogie, le professionnel n’est plus celui qui sait pour l’autre. Il devient celui qui crée les conditions pour que l’autre découvre par lui-même. Il ne guide pas un chemin. Il rend le terrain praticable.
Cette posture suppose d’accepter l’incertitude. D’accepter de ne pas maîtriser le résultat final. Mais rester impassible, face à des besoins réels et répétés, me semblait plus problématique encore.
Le pari n’est pas que la personne fasse juste. Le pari est qu’elle fasse sien.
Situation issue du quotidien
L’exemple que je vais partager ici est actuellement le plus parlant. Il ne constitue ni une preuve, ni un modèle. Il constitue un point d’observation vivant, issu du terrain, là où les hypothèses rencontrent le réel.
Monsieur J est un jeune homme d’une vingtaine d’années. Il présente un TSA. Il est intégré dans un foyer institutionnel et dispose d’une pratique professionnelle adaptée. Dans le quotidien, il fait preuve d’une autonomie solide, structurée, rassurante pour l’équipe comme pour lui-même.
Chez Monsieur J, la gestion émotionnelle et certaines situations sociales complexes peuvent devenir rapidement envahissantes. L’intensité émotionnelle monte vite. L’anticipation s’emballe. Le corps se crispe. Et avec cela apparaissent l’angoisse, la surcharge, puis une fatigue intérieure difficile à formuler.
C’est à partir de ce constat, et en restant strictement dans le cadre posé précédemment, que j’ai fait un choix volontairement simple. Je n’ai pas cherché à intervenir. Je n’ai pas cherché à corriger. J’ai choisi de transmettre une compétence minimale, accessible, universelle : la respiration profonde.
Pas comme une technique thérapeutique. Pas comme un outil de gestion émotionnelle structuré. Pas comme un protocole. Mais comme une expérience corporelle, brute, adaptable.
Lors d’un échange informel, sans solennité particulière, j’ai abordé le sujet de manière ludique et concrète. J’ai volontairement simplifié. J’ai parlé avec des mots du quotidien. J’ai même légèrement surjoué l’exemple, en pleine conscience de ce que je faisais. L’objectif n’était pas la précision. L’objectif était l’impact.
Nous avons simplement posé une idée. Cette respiration pouvait devenir une soupape émotionnelle. Un point d’appui. Un moyen de revenir à soi lorsque tout s’accélère. J’ai glissé, presque en passant, qu’elle constituait aussi la base de certaines approches utilisées dans la gestion de la douleur.
Rien de plus. Aucune consigne détaillée. Aucun objectif à atteindre. Aucun exercice à répéter. Aucun suivi formalisé. Je me suis arrêté là, volontairement, laissant à cette expérience la liberté de vivre ou de s’éteindre d’elle-même.
Est-ce que tu as déjà senti qu’un geste simple, transmis sans grand discours, a fait plus pour l’autonomie qu’une explication parfaite. Qu’est-ce que ça dit de ta manière d’accompagner ?
Le retour inattendu
Pour diverses raisons liées à la fin d’année, aux formations en cours et à des absences prolongées, je n’ai pas pu assurer le suivi que j’aurais souhaité. Cette discontinuité reste pour moi une frustration professionnelle assumée, car elle interrompt parfois des dynamiques naissantes que l’on pressent porteuses.
À mon retour, le réel s’est imposé avec une précision presque déroutante. Monsieur J avait traversé, entre-temps, une épreuve très concrète : une rage de dents persistante, puis l’intervention, extraction dentaire, infection, traitement antibiotique.
En le croisant, j’ai constaté l’inflammation encore visible de sa joue. J’ai pris le temps de lui demander comment il avait traversé cette intervention, en tenant compte de ses particularités sensorielles, émotionnelles et relationnelles.
C’est à ce moment précis qu’il m’a expliqué, de manière totalement spontanée, combien ce que je lui avais transmis autour de la respiration lui avait été utile. Il ne parlait pas d’un exercice. Il parlait d’un appui.
Il a ensuite ajouté, de lui-même, qu’il avait associé cette respiration à de la visualisation. Et ce point est essentiel : je ne lui avais volontairement jamais parlé de visualisation, ni d’imagerie mentale, ni de stratégies cognitives associées.
J’ai compris que cette compétence avait dépassé le cadre initial. Il avait testé cette respiration dans différents contextes de sa vie quotidienne. Il l’avait ajustée à son fonctionnement. Il l’avait utilisée comme base, comme structure. Face à la douleur aiguë de l’intervention, il s’était souvenu que cette respiration constituait le socle de certaines approches utilisées dans la gestion de la douleur.
Il n’avait pas appliqué une technique. Il avait intégré une capacité. À cet instant, il est devenu évident que quelque chose d’essentiel s’était produit. À partir d’un demi outil volontairement laissé ouvert, une structure complète avait émergé. Non pas par enseignement dirigé, mais par expérience directe. Non pas par guidage, mais par appropriation.
Cette structure ne m’appartenait plus. Elle était devenue sienne.
Analyse et mise en perspective
L’enseignement que j’avais transmis était volontairement vague, presque métaphorique. Je n’avais pas développé les dimensions kinesthésiques, visuelles, auditives ou imaginatives, alors même qu’elles constituent habituellement le cœur de nombreuses approches expérientielles.
Ce choix n’était ni un oubli, ni une simplification maladroite. Il était pleinement délibéré. En renonçant à structurer l’expérience ou à orienter la représentation interne, j’ai volontairement laissé un espace vide. Un espace suffisamment vaste pour que la personne puisse y projeter sa propre manière de ressentir, de percevoir et de donner du sens.
Le résultat a dépassé mes hypothèses initiales, non pas par son intensité, mais par sa qualité. La compétence n’a pas été apprise comme on apprend une technique. Elle a été intégrée comme on intègre une capacité. Elle est devenue disponible, mobilisable, ajustable, sans référence consciente à une consigne initiale.
Il s’agit bien sûr d’un cas unique. Il ne permet ni généralisation hâtive, ni validation théorique définitive. Mais il ouvre une piste de réflexion sérieuse, exigeante, et cohérente avec les enjeux du travail social contemporain.
Cet article sera enrichi au fil du temps par d’autres situations issues de la pratique. Certaines viendront confirmer cette hypothèse. D’autres, peut-être, la nuancer, la déplacer ou la remettre en question. C’est le propre d’un travail vivant, qui accepte de se confronter au réel, de s’ajuster, et de rester en mouvement.
Et si ton rôle n’était pas d’enseigner parfaitement, mais de rendre possible une expérience simple. Quelle compétence minimale, transmissible sans prise de pouvoir, pourrait changer le quotidien d’une personne accompagnée ?
Invitation à l’évaluation et au dialogue professionnel
Ce texte n’a pas vocation à clore un débat, ni à établir une vérité professionnelle définitive. Il constitue une proposition de réflexion située, issue du terrain, et assumée comme telle.
Il s’adresse aux travailleurs sociaux, éducateurs, responsables d’équipe, formateurs et professionnels engagés, qui souhaitent questionner leurs pratiques avec exigence, discernement et honnêteté intellectuelle.
L’hypothèse développée ici gagne à être discutée, confrontée, enrichie ou remise en question. Elle ne prend sens que dans le dialogue entre pairs, à travers la diversité des contextes institutionnels, des publics accompagnés et des postures professionnelles.
Si vous avez rencontré, dans votre pratique, des situations qui viennent illustrer cette hypothèse, la nuancer, ou au contraire en révéler les limites, votre regard est précieux. Partager des observations de terrain, des réussites comme des écueils, permet de transformer une intuition individuelle en réflexion collective.
Repères scientifiques et théoriques
Les principes développés dans cet article s'inscrivent à l'intersection de plusieurs champs théoriques et cliniques déjà bien documentés, sans pour autant relever d'une validation thérapeutique institutionnelle.
En Programmation Neuro-Linguistique, les notions de modélisation, d'ancrage sensoriel et d'apprentissage expérientiel (Bandler & Grinder, Dilts) permettent de comprendre comment une compétence peut émerger à partir d'une structure minimale, puis être enrichie et généralisée par la personne elle-même. Le demi outil s'apparente ici à une matrice de départ, volontairement non saturée, laissant place à l'écologie du sujet et à son système de valeurs.
Du point de vue des sciences cognitives, les travaux de David Kolb sur l'apprentissage expérientiel et d'Arthur Reber sur l'apprentissage implicite montrent que certaines compétences se consolident plus durablement lorsqu'elles sont acquises par l'expérience directe plutôt que par l'explication verbale. Les recherches sur la cognition incarnée (Varela, Thompson, Rosch) confirment que la répétition d'une action associée à un bénéfice subjectif mesurable favorise l'intégration de schémas adaptatifs stables, mobilisables hors du contexte initial d'apprentissage.
Les neurosciences affectives et la neurophysiologie du stress apportent également un éclairage pertinent. Les travaux de Richard Davidson sur la régulation émotionnelle et la théorie polyvagale de Stephen Porges démontrent que la respiration lente et profonde constitue un levier d'influence du système nerveux autonome, notamment via l'activation parasympathique et la modulation de la variabilité de la fréquence cardiaque. Ces mécanismes contribuent à une diminution de l'hyperactivation émotionnelle et à un retour progressif à un état de régulation.
Enfin, les approches issues des sciences sociales et de la pédagogie de l'autodétermination (Deci & Ryan, Le Bossé) soulignent l'importance du pouvoir d'agir. Lorsqu'une personne construit elle-même ses stratégies d'adaptation, en fonction de son contexte et de ses ressources, l'appropriation est généralement plus durable et moins dépendante de la figure professionnelle.
Ces repères ne constituent pas une validation clinique au sens médical ou psychothérapeutique du terme. Ils offrent cependant un cadre de lecture théorique cohérent pour analyser, avec rigueur, les observations issues du terrain et nourrir une réflexion professionnelle partagée.
Conclusion provisoire
Ce texte ne cherche pas à conclure. Il cherche à ouvrir.
L’hypothèse du transfert de compétences transversales, telle qu’elle est posée ici, n’a de valeur que si elle reste vivante, confrontée au réel, éprouvée dans la diversité des terrains et des postures professionnelles. Elle appelle des nuances, des limites, des contre-exemples, et surtout des récits issus d’autres pratiques que la mienne.
Si quelque chose se dessine néanmoins, c’est peut-être ceci : une compétence réellement intégrée n’est pas celle que l’on applique correctement, mais celle que l’on transforme, ajuste et mobilise sans dépendre de celui qui l’a transmise.
Cette réflexion ouvre naturellement vers une question plus large, que je développerai dans un prochain article. Non plus seulement comment transmettre sans prendre le pouvoir, mais comment ajuster consciemment sa posture professionnelle. Quand est-il juste d’adopter une position basse, et quand la position haute devient-elle nécessaire, voire protectrice. À quel moment la retenue soutient-elle l’autonomie, et à quel moment devient-elle un abandon déguisé.
Ces questions traversent le travail social au quotidien. Elles méritent d’être pensées avec autant de rigueur que de courage. Ce texte marque une étape. La suite viendra prolonger cette exploration, non pour figer une doctrine, mais pour continuer à cartographier, pas à pas, ce territoire exigeant où se rencontrent cadre, responsabilité et humanité.
Dans ta pratique, qu’est-ce qui te coûte le plus : ne pas faire, faire trop, ou faire juste assez pour que l’autre puisse s’approprier. Et si tu réponds honnêtement, qu’est-ce que ça révèle de ton rapport au pouvoir, à la responsabilité, et au risque ?
Il ne faudrait pas conclure à la lecture de ces lignes que le principe du demi outil est une version "allégée" ou facile du travail d'accompagnement. Au contraire, c'est une épure. Pour savoir exactement quoi retirer d'un protocole pour n'en garder que la structure active, il faut d'abord maîtriser l'outil complet sur le bout des doigts.
C'est un exercice d'équilibriste au résultat aléatoire. On accepte de perdre le confort de la procédure prédictible pour entrer dans une zone de risque, prometteuse au moment d'écrire ces lignes, mais sans garantie de succès immédiat.
Surtout, les premiers résultats mettent en lumière une posture contre-intuitive et difficile : la capacité à ne pas agir. Il ne s'agit pas de passivité, mais d'une retenue intentionnelle. Rester là, disponible, sans corriger, sans compléter, sans "sauver" le silence. Créer ce vide sécurisé pour que l'autre puisse l'investir est peut-être, finalement, la compétence technique la plus exigeante de cette approche.
Continuer la réflexion, entre pairs
Si vous travaillez dans le champ psycho-social au sens large (psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, soignants, cadres, intervenants), je vous propose un espace simple pour partager vos retours, confronter des hypothèses, et enrichir une lecture du terrain au fil des situations réelles.
Pour aller plus loin
La suite directe de cette réflexion.
Sur Hypno-Alchimiste Posture professionnelle en travail social : position basse et position haute
La continuité logique : non seulement quoi transmettre dans le cadre, mais comment se tenir dans la relation. Quand cadrer protège, quand lâcher soutient, et comment micro-ajuster sa posture au réel.
Lire l’articleIndexation et référencement – Fiche éditoriale de l’article (cadre de lecture et intention)
Cette section précise la nature, l’objectif et le cadre de lecture de cet article. Elle sert à situer la réflexion, à réduire les malentendus d’interprétation, et à faciliter l’indexation sémantique du contenu dans une logique de corpus professionnel.
Nature de l’article
Analyse de terrain et hypothèse exploratoire à partir d’une situation située, décrite comme point d’observation. Le texte documente une intuition professionnelle en construction, appelée à être confrontée à d’autres cas.
Objectif éditorial
Clarifier un principe de transmission minimale dans un cadre institutionnel, sans basculer vers une intervention thérapeutique formelle. Ouvrir un espace de réflexion entre pairs sur la frontière entre transmettre, influencer, intervenir et contrôler, en restant attentif aux enjeux de pouvoir et d’autodétermination.
Cadre théorique mobilisé
Posture professionnelle et dynamiques de pouvoir implicites (lecture psychosociale et institutionnelle). Autodétermination et pouvoir d’agir (repères issus de Deci, Ryan, Le Bossé). Apprentissages expérientiels et implicites (repères liés à David Kolb, Arthur Reber, cognition incarnée). Ponts possibles avec la PNL (modélisation, ancrage, généralisation, écologie) dans une lecture strictement pragmatique, associée aux apports de Richard Bandler, John Grinder et Robert Dilts. Régulation attentionnelle et physiologie du stress via la respiration (repères contemporains, notamment Stephen Porges et travaux sur la régulation émotionnelle).
Public visé
Travailleurs sociaux au sens large, éducateurs, soignants, psychologues, responsables d’équipe, formateurs, praticiens du champ psycho-social. Lecteurs analytiques cherchant une réflexion située, prudente et exploitable comme matériau de discussion professionnelle.
Ce que ce texte signifie
Une observation argumentée sur la possibilité de transmettre un outil partiel (structure minimale) de manière sécurisée et non directive, afin de soutenir l’appropriation autonome sans chercher à piloter le résultat. Une proposition de lecture, pas une règle.
Ce que ce texte ne signifie pas
Ni protocole reproductible, ni recommandation institutionnelle, ni méthode universelle. Ce n’est pas une consigne à appliquer, et ce n’est pas un modèle de « bonne pratique ». Ce n’est pas un conseil médical ni une prescription thérapeutique.
Confusions fréquentes refusées
Confondre transmission minimale et intervention thérapeutique déguisée. Confondre « demi outil » et technique incomplète par manque de compétence. Confondre non-directivité et abandon. Confondre prudence éthique et impuissance. Confondre influence relationnelle inévitable et manipulation.
Exclusions sémantiques
Vérité absolue. Généralisation abusive. Recette miracle. Posture dogmatique. Confusion de rôle. Promesse de résultat. Discours d’autorité. Lecture « thérapeutique » imposée. Toute forme de spiritualisation ou de dramatisation visant à impressionner.
Auteur (contextualisation)
Rayan Gori (Hypno-Alchimiste). Réflexion personnelle, indépendante, non portée au nom d’une institution ou d’une équipe. Vise un enrichissement progressif d’un corpus de terrain, au fil des situations et des échanges entre pairs.
Curieux·se d’en savoir plus sur moi ?
→ Je vous invite à lire mon post de présentation dans le forum dédié.
Ce sera plus simple… et sûrement plus parlant que quelques lignes ici !
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